La  place de Chamonix était de nouveau prise d’assaut la semaine dernière par les marmottes en colère de Nuit Debout. La manifestation se déroule dans une ambiance décontractée, certes, mais qui ne cesse d’inquiéter les locaux…

Depuis le mois de mai, plus de répit pour les chamoniards diurnes. Le jour au travail, la nuit à écouter les revendications, ils n’ont plus un instant de répit. Les marmottes ont investies la place de l’église sans crier gare, pancartes à la main et bouquetins mercenaires pour assurer la sécurité. Depuis les messages s’enchaînent :
•    Aux chiottes le burkini !
•    Tu veux mon burkini ? Non non non non !
•    Burkini, Ras les Bur*es !

Message étonnant au premier abord de la part d’un peuple alpin, les marmottes nous expliquent patiemment au travers de leur porte parole, Marmoton 7 :
«  Vous savez, depuis l’arrivée du burkini tout a changé. Nos terriers sont ravagés par des gros pieds  sans gêne, il n’y a plus un pré fleuri qui ne regorge de détritus, même l’air pur est désormais saturé de fumée de cigarette. On était venu ici pour respirer, se relaxer et être tranquilles, et voilà ce qui arrive… C’est pire qu’une ligne aérienne ouverte au dessus de nos toits ! »

Mais pourquoi un tel engouement pour la montagne, et surtout pourquoi les marmottes sont-elles aussi persuadées que le burkini est la cause principale de leur malheur ?

Jean-Jacques Du Pelloux, 45 ans, habitant Clermont-Ferrand et sympathisant de la cause des marmottes à Chamonix témoigne :
« Y’a plus rien à mater ! Y’a une semaine j’étais au Cap d’Agde où je passe toutes mes vacances depuis que j’ai 16 ans et bah j’ai pas vu un téton ! Pourtant j’en ai vu du nibard en 30 ans de plage naturiste, mais là… il reste à peine quelques irréductibles, et encore. Elles sont si gênées qu’elles mettent un paréo ! Un paréo !! Vous vous rendez compte un peu ? »

En effet, plusieurs mairies nous l’ont confirmé, la désertification des plages est en marche. Plusieurs restaurateurs et hôteliers côtiers ont déjà mis la clé sous la porte au grand dam des habitants. Mais alors où partent les gens en vacances ? La réponse est simple : à la montagne. Et c’est bien le problème des marmottes, mais pas que…

Nous avons rencontré le président du club Alpin de Lille qui nous fait part à la fois de sa satisfaction, mais aussi de son inquiétude :
« On a quadruplé nos inscriptions par rapport à l’année dernière, on a même dû refuser des gens car nous n’étions pas en capacité de gérer l’organisation. Dans un sens c’est une bonne nouvelle, ça fait plus de fonds pour l’association et j’ai pu m’acheter ma piscine couverte, mais le problème c’est que ce n’est pas que chez nous. Tous les clubs alpins sont dans la même situation et nous sommes passés de 80 000 à 480 000 licenciés. Nos 127 refuges sont réservés jusqu’en 2025, même en période creuse. Nous manquons d’instructeurs et un marché noir est en train de se former pour compenser notre absence, entraînant un risque important de dégradations pour l’environnement ainsi que pour la sécurité des randonneurs. »